Ténotomie

Traitement de la tendinite par Ténotomie

La tendinopathie est une pathologie fréquente et invalidante, c’est le trouble musculo-squelettique (TMS) le plus fréquent, elle représente approximativement 30% des TMS qui sont assez invalidantes ou douloureuses pour entrainer une consultations chez le médecin généraliste. Pathologie atteignant la population active, plus fréquente entre 40 et 50 ans , d’où un impact médico économique fort en terme d’arrêt de travail.

Comme pour la plupart des tendinopathies, l’hypothèse la plus reconnue est celle d’une surcharge fonctionnelle du tendon. La force appliquée sur celui-ci dépasserait sa capacité biomécanique de résistance. Des charges excessives créeraient une déformation plastique répétée, entraînant ainsi des lésions au niveau de la structure interne du tendon. La sollicitation trop fréquente ou trop rapide du tendon ne permettrait pas la cicatrisation de ces microlésions.

Le diagnostic de la tendinopathie est clinique, douleur à la palpation et lors de la mise en tension passive ou active du tendon.

La radiographie et l’échographie sont les deux méthodes d’imagerie nécessaires et habituellement suffisantes pour préciser le diagnostique de tendinopathie.

Les traitements actuels commence par la mise au repos, la correction des erreurs de position au travail ou lors de pratique sportive, la kinésithérapie principalement excentrique, l’utilisation d’ultrasons, la cryothérapie, le port d’orthèse, la prise d’anti inflammatoire, ou l’injection de corticoïdes en péri tendineux. Les recommandations de bonne pratique de la HAS précise que les infiltrations radio ou écho guidées ont une efficacité supérieure aux infiltrations non guidées (grade C).

Malgré ces traitements, un certains nombre de cas persistent. La tendinopathie est considérée comme chronique et récalcitrante après 3 mois d’échec des traitements de première intention, la situation nécessite alors la considération de nouvelles options thérapeutiques (ondes de chocs focales extracorporelles, injection de plasma riche en plaquettes, laser, sclérothérapie, la radio fréquence… ).

Le principe de ces nouveaux traitements est de stimuler la régénération des tissus (médecine régénérative). Un de ces nouveaux traitements est la ténotomie.

Déroulement de la procédure

Pour les tendinopathies dégénératives et chroniques, la ténotomie sous guidage échographique, qui consiste à introduire une aiguille dans un tissu avec une pathologie chronique (fibrose ou tendinose) pour entrainer des lésions aigues, qui vont réactiver un nouveau processus de cicatrisation. Les micros dommages provoqués par une ténotomie à l’aiguille entrainent la stimulation d’un processus inflammatoire pour activer la régénération du tendon.

Les mécanismes sont une augmentation de la circulation sanguine et la création d’une néo vascularisation dans la zone traitée. Le saignement entraine un caillot et une sécrétion de facteur de croissance qui vont activer la guérison, le but est convertir une lésion chronique en une lésion aigue, mais avec un comportement (règles hygiéno-diététiques, conseils de posture, correction de troubles de la statique, …) et une rééducation en kinésithérapie qui va augmenter le potentiel de guérison du patient.

La Ténotomie percutanée à l’aiguille sous échoguidage est rapide. Elle peut se faire en consultation ou en chirurgie ambulatoire, nécessite uniquement une anesthésie locale ou loco régionale et entraine une lésion cutanée punctiforme qui est à faible risque d’infection ou de nécrose cutanée.

La procédure dure 30 minutes au total.

Les patients doivent éviter la prise d’anti-inflammatoires ou aspirine au moins une semaine avant la procédure et deux à trois mois après.

Le patient peut utiliser des antalgiques à type de paracétamol, codéine et tramadol.

La rééducation peut débutée 2 semaines après et pendant 2 à 3 mois, avec repos une semaine, pas de port de charges ou de mouvement répétitives pendant les quatre premières semaines, puis rééducation en excentrique pendant deux mois.

Indications

Tendinopathie, avec symptômes pendant plus de trois mois, avec échec du traitement médical de première intention bien conduit (y compris le renforcement excentrique), échec défini comme une douleur ou des limitations fonctionnelles pas acceptable pour le patient après 3 mois de traitement non chirurgical.

Contre indications

– Bursite ou ténosynovite qui vont nécessiter une injection de corticoïde, en raison de la majoration du risque de rupture avec des corticoïdes en péri tendineux.

– Tendon en état de pré rupture, car technique à fort risque de rupture en post procédure.

– Nécessité d’une échographie diagnostique avant la procédure à la recherche de contre indication.

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